Voeux du Président Frédéric BOUSCARLE

Chers amis

Je souhaite aussi que notre combat commun pour l’amélioration de vie des personnes handicapées connaisse de nouveaux succès.

Le travail à faire reste immense les personnes valides et personnes handicapées ne disposent en réalité pas des mêmes droits, et par conséquent n’ont pas encore de manière équitable accès au marché du travail, du logement, des transports et de l’éducation.

Aujourd’hui, dans le domaine du handicap, la situation des personnes handicapées est préoccupante : une augmentation de 60% du taux de chômage de cette population en 4 ans, un taux d’emploi autant dans le secteur privé que public inférieur à 4%, alors que la loi en prévoit 6%.

La loi du 11 février 2005 – votée par une majorité de droite – avait fixé à 2015 la date à laquelle nos infrastructures doivent être accessibles aux Français en situation de handicap. À un an de l’échéance, force est de constater que le gouvernement n’a pas pris la mesure des enjeux. Plus généralement, depuis le début du gouvernement socialiste, aucune action concrète n’a été lancée, aucune mesure forte n’a été annoncé. De sorte que 10 % des hommes et femmes qui vivent le handicap au quotidien ont le sentiment que, pour eux, plus rien n’est fait dans ce pays. Alors que le handicap, doit être l’affaire de chaque personne. Nous sommes tous susceptibles d’y être confrontés, que ce soit dans notre entourage,  dans notre famille, ou bien nous mêmes.

Nous personnes en situations de handicap devons nous mobiliser pour donner un nouveau souffle aux politiques du handicap avec des mesures concrètes.

Notre mobilisation est nécessaire pour que nous ne soyons plus considérés comme des citoyens de seconde zone.

Vous pouvez compter sur la mienne.

Toute l’équipe d’HANDI POP’ et moi même vous souhaitons une très bonne année 2016.

Frédéric Bouscarle

Actualités

Handicap.fr : Bordeaux se met sur son 31 pour accueillir une compétition internationale en faveur de l’emploi des personnes handicapées…
Joël Solari : En effet, les 25 et 26 mars 2016, Bordeaux va devenir la capitale mondiale en France, après Séoul, des Abilympics 2016, un championnat des métiers qui rassemble 600 concurrents venus de 35 nations. Ce sont en quelque sorte les Jeux paralympiques des métiers ! Je suis administrateur d’Abilympics France et nous avons organisé le 18 mars une soirée à la mairie pour les 90 bénévoles qui doivent accueillir les Délégations du monde ; il y aura 900 bénévoles en tout sur cette manifestation. Avec une cérémonie d’ouverture, le 24 mars, digne des plus grandes compétitions, et un défilé des nations, la fête va être grandiose ! Entre 60 000 et 100 000 visiteurs sont attendus…

H.fr : Joël Solari, vous êtes un incontournable dans le monde du handicap. La liste de vos « casquettes » est impressionnante ?
JS : Handicapé tétraplégique suite à un très grave accident de la circulation en 1988, j’ai décidé de me consacrer à mes pairs afin qu’ils puissent avoir des droits et vivre de façon autonome en pleine mixité. Je suis l’un des rares élus en fauteuil en France. Alors, en effet, je me suis impliqué dans de nombreux domaines, commissions et associations…  Je suis, notamment, vice-président national co-fondateur et administrateur de l’association Tourisme & Handicaps depuis 2001. Je gère même un camping labélisé. Mais je suis surtout, depuis 2008, adjoint au maire de Bordeaux en charge des personnes en situation de handicap.

H.fr : Bordeaux n’a pas été choisie par hasard pour ces Abilympics. En termes d’implication en faveur des personnes handicapées, diriez-vous que votre ville a une longueur d’avance, notamment dans le domaine de l’emploi ?
JS : Oui, lorsque je suis arrivé à la mairie en 2008, le taux d’emploi de personnes handicapées dans ses services était de 3,46%. Fin 2015, il s’élève à 8,2%. Chaque année, en novembre, nous organisons un forum emploi et handicap qui reçoit 1 800 candidats, avec 50 grandes entreprises et administrations qui offrent des CDI.

H.fr : Et du côté de l’accessibilité de la ville ?
JS : A mon arrivée, j’ai monté une commission communale d’accessibilité. Elle a passé au crible les 259 ERP (Etablissements recevant du public) publics. Pour la mise en accessibilité, il fallait investir 35 millions d’euros, ce qui imposait de multiplier les impôts locaux par 10. Alors nous avons fait le bilan de ce que nous devions prioriser…

H.fr : Quelles étaient ces priorités ?
JS : Tout d’abord les écoles, puis les bâtiments administratifs. En 3e place, les bâtiments culturels, puis les enceintes sportives et enfin les lieux de culte. Nous investissons ainsi 2 millions d’euros par an, et cela avance vite puisqu’une très grande partie des équipements est désormais accessible. Les personnes handicapées se disent satisfaites car, par le biais de cette commission, elles ont pu être associées à tous les projets.

H.fr : Mais cette implication impacte-t-elle l’ensemble de la ville ?
JS : Oui, bien sûr. Depuis 2011, nous avons mis en place une charte « ville et handicap » en lien avec les associations de personnes handicapées, sorte de code de bonne conduite. Mais elle n’est pas figée et doit vivre ; c’est pourquoi elle est revue tous les deux ans. Nous dressons alors un bilan de ce qu’il ne faut pas refaire. Nous mettons en œuvre onze tables de travail  sur ce sujet, avec la collaboration de techniciens et d’architectes qui doivent faire un compte rendu au maire de Bordeaux.

H.fr : Comment est né ce dispositif ?
JS : En 2000, j’étais président du GIHP (Groupement pour l’insertion des personnes handicapées) Aquitaine et je suis allé voir le maire de Bordeaux, Alain Juppé, en lui demandant « Pourquoi est-ce qu’on ne travaillerait pas ensemble. » C’est de là que c’est parti… On a commencé par le tramway. 50 km aujourd’hui, tout accessible, avec des quais à bonne hauteur, un espace suffisamment vaste pour les fauteuils roulants, un bouton spécial pour avertir le conducteur et laisser le temps de descendre ! Tous nos bus sont également accessibles grâce à un système de palettes.

H.fr : On peut donc voyager aisément dans tout le grand Bordeaux lorsqu’on est à mobilité réduite ?
JS : Oui, c’est le principe d’intermodalité qui permet de prendre le bus, le tram et même le bateau. Il existe également un service, Mobibus, de transport à la demande pour les usagers plus lourdement handicapés.

H.fr : Le classement du centre historique au Patrimoine de l’Unesco en 2007 a-t-il eu un impact sur cette politique ?
JS : Oui, très positif. A la place du Miroir d’eau, il y avait des vieux bâtiments et des hangars. La ville a rénové cette magnifique façade fluviale historique sur 4,5 km, du pont Saint-Jean au pont Chaban-Delmas. Tout ce parcours est labélisé Tourisme et handicaps mais il en existe trois autres, très carrossables, celui de l’Unesco, celui vers le jardin botanique et celui vers les ruines du Palais Gallien.

H.fr : Les touristes en situation de handicap ont donc un vaste choix ?
JS : Ils trouveront un guide à l’office du tourisme qui recense tous les sites ayant le label Tourisme et handicaps, ainsi qu’une carte avec un itinéraire de visite adapté. Un site (en lien ci-dessous) recense également toutes ces infos, y compris les transports et les services. Il y a, par ailleurs, au sein de l’office, un référent handicap qui forme le personnel à l’accueil des visiteurs handicapés ; il s’appelle Edouard.

H.fr : Combien y-a-t-il de sites labélisés TH à Bordeaux ?
50 pour le moment mais nous nous engageons à en labéliser 10 de plus chaque année. Parmi eux, la Cité du Vin, qui doit ouvrir en juin 2016.

H.fr : Menez-vous également des actions pour sensibiliser les commerçants ?
JS : Oui, de fréquentes campagnes. Dans la rue Sainte-Catherine, la plus longue artère commerçante de France, sur près de 2 km, 50% des commerces sont accessibles, même si, parfois, une rampe doit être déployée à la demande.

H.fr : Dans le centre historique, vous avez banni les trottoirs…
JS : Bordeaux Métropole, ce sont 2 700 km de voiries sur 28 communes. Et deux trottoirs à chaque fois ! Cela représente un budget de 2 milliards d’euros pour leur mise en accessibilité. C’est énorme. Alors la métropole a en effet choisi une autre option, notamment dans le centre historique : plus de trottoirs et une chaussée partagée entre tous ceux qui « roulent », rollers, vélos, camions, poussettes et fauteuils roulants.

H.fr : Pour les personnes déficientes visuelles, la ville propose un système inédit…
JS : Oui, c’est expérimental, une télécommande pour pouvoir traverser sur les passages protégés équipés d’un feu qui annonce s’il est vert ou rouge. 96% des Bordelais concernés en sont équipés.

H.fr : C’est également la seule ville qui a reçu le label « Destination pour tous ». De quoi s’agit-il ?
JS : Oui, pour le handicap moteur et mental, depuis 2014. Le concept, mis en place par l’association Tourisme et handicaps, c’est de rassembler des sites labélisés sur un petit territoire pour proposer des séjours adaptés, et surtout concentrés, avec des offres d’hébergement, de restauration, des activités, des visites. La Direction générale des entreprises se sert un peu de moi et de Bordeaux comme VRP ; les villes de Paris, Lourdes, Amiens, Montpellier me sollicitent actuellement. Il y a en effet peu de villes qui ont autant de sites labélisés, contrairement aux départements.

H.fr : Vivre à Bordeaux lorsqu’on est en situation de handicap, c’est donc plutôt une bonne option ?
JS : Les personnes handicapées qui y habitent disent que c’est une ville facile à vivre.  Et c’est vrai qu’on en voit beaucoup dans nos rues. Certaines décident même de venir s’y installer pour pouvoir profiter des commodités proposées, d’autant que nous avons un grand nombre d’hôpitaux très réputés. Le CHR de Bordeaux emploie plus de 15 000 salariés.

Et de deux ! Lorsqu’ils évoquent les normes « handicapés » dans les logements, les leaders des Républicains n’y vont pas par quatre chemins… Le 4 février 2016, sur le plateau de l’émission Des paroles et des actes, sur France 2, Nicolas Sarkozy dénonçait des normes d’accessibilité trop contraignantes, proposant qu’une petite partie du parc de logements et d’écoles soit rendue accessible. « Je visitais l’autre jour un ensemble HLM, racontait-t-il, sourire aux lèvres. Et j’ai demandé au maire : c’est très curieux, ce que vous avez fait. La salle de bains est plus grande que la chambre des enfants. Comment ça se fait, un truc pareil ? » La faute aux normes handicapés répondait l’élu. Et Nicolas Sarkozy de suggérer : « Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux réserver 10 % des HLM vraiment pour les handicapés plutôt que d’appliquer des normes de cette nature qui ruinent les communes ? » Avant de conclure : « On n’est pas obligé de mettre des ascenseurs dans toutes les écoles. Il n’y a qu’à réserver une ou deux écoles pour l’accessibilité handicapés. »

François Fillon en remet une couche

Le 9 mars 2016, c’est au tour de François Fillon d’enfoncer le clou lors de son grand oral face aux dirigeants d’entreprises de la Fondation Concorde diffusé sur Public Sénat le 10 mars à 19h30 (images en lien ci-dessous). Le candidat à la primaire des Républicains dit souhaiter simplifier les normes applicables au logement afin de permettre de « l’innovation ». Il s’attaque, notamment, aux règles relatives aux personnes handicapées. « Il est absurde de vouloir, par exemple, que tous les logements de notre pays soient accessibles aux handicapés. C’est une absurdité. Pour satisfaire une demande qui n’est pas une demande réelle, puisqu’il n’y a pas dans chaque logement français un handicapé qui va y habiter, on va priver des Français au logement parce qu’il sera trop cher. Voilà un exemple typique d’une affaire sur laquelle il aurait fallu faire preuve d’un peu de bon sens », martèle l’ancien Premier ministre. Avec de tels discours, l’effet d’indignation dans le grand public est garanti.

La mémoire courte ?

François Fillon et Nicolas Sarkozy se souviennent-ils que c’est la droite qui a fait voter les grandes lois fondatrices sur le handicap, notamment celle de 2005 portée par Jacques Chirac. Savent-ils que la France, malgré des progrès indéniables ces dernières années, reste à la traine en matière d’accessibilité par rapport à d’autres pays européens, et notamment du Nord ? Comprennent-ils que « le handicapé » n’est pas une minorité statistique mais, potentiellement, chacun de nous, un jour : une personne vieillissante qui aimerait pouvoir continuer à vivre chez elle, une occupant qui s’est cassé la jambe ? Ont-ils déjà entendu parler de la notion d’accessibilité universelle qui fait le doux rêve de rendre la vie plus confortable pour tous ? Et puis, tout bêtement, ont-t-ils conscience qu’ils ne seront certainement pas, indéfiniment, vaillants et puissants ?

Une faute politique !

Même dans leurs rangs, on s’émeut de leurs déclarations à l’emporte-pièce. Frédéric Bouscarle, élu parisien en situation de handicap et président de Handi Pop’ (mouvement Les Républicains traitant les sujets du handicap), trouve la position de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy « inquiétante » ! « Soit monsieur Fillon s’est laissé manipuler par les lobbies immobiliers, soit ses conseillers ne lui ont pas dit qu’en France 10% de la population est en situation de handicap, sans parler des personnes âgées qui sont en situation de dépendance avec des problèmes de mobilité, confie-t-il. C’est tout même inquiétant qu’un autre candidat à la primaire puisse encore tenir ce genre de discours. » Pour Frédéric Bouscarle, « il s’agit d’une vrai faute politique et d’un total désengagement de son parti ». Et pour cause, il souligne que, depuis l’arrivée du nouveau président des Républicains, son mouvement ne siège plus au bureau politique. « Je trouve cela dommage car je ne suis donc plus en mesure de sensibiliser les cadres politique du parti ; cela aurait pu éviter ce genre de positionnement. » Et de constater, par ailleurs, que les derniers rassemblements du parti, tout comme le dernier conseil national en février 2016, n’étaient pas accessibles aux personnes sourdes (pas d’interprètes LSF, de vélotypie). « Le bon sens, selon lui, c’est que les politiques de tous les courants réfléchissent à une société plus inclusive, cela nous permettra de nous sentir moins comme des citoyens de seconde zone… »

10 % d’électeurs, une minorité ?

Pourtant, en d’autre temps, à l’époque où Nicolas Sarkozy était encore président, l’Elysée tenait un tout autre discours (article en lien ci-dessous). En octobre 2011, dans un communiqué, son gouvernement réaffirmait « l’intangibilité de l’objectif d’accessibilité à l’ensemble de la vie sociale » et demandait « de refuser toute dérogation nouvelle à cet objectif ». En d’autres temps donc… A l’occasion d’un colloque organisé à Paris le 11 mars 2016, Josef Schovanec, philosophe et autiste Asperger, ne s’est pas privé de moucher nos dirigeants. « Il est inconcevable que les politiques ne s’expriment pas sur le sujet du handicap ». Mais, Josef, et lorsqu’ils le font, ça donne quoi ? Rappelons à ces candidats que les prochaines élections présidentielles ne sont que dans quelques mois… Alors, face aux urnes, 10 % d’électeurs handicapés est-ce toujours une minorité ? Un peu de bon sens !

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