Le Point.fr - 05/04/08
Une convention des Nations unies visant à donner aux 650 millions d'handicapés les mêmes droits que les autres en matière d'emploi, d'éducation et de vie sociale va entrer en vigueur le 3 mai, a annoncé jeudi l'Onu.
Ce texte, le premier du genre, prendra effet 30 jours après avoir été ratifié par les 20 pays qui l'ont signé. L'Onu a reçu jeudi les documents prouvant la ratification du pacte par le dernier pays dont elle était attendue, à savoir l'Equateur.
Un communiqué publié au nom du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, qualifie cette initiative - qui se concrétise 18 mois après son adoption par l'Assemblée générale, c'est-à-dire plutôt vite pour l'Onu - de "moment historique".
Ban estime qu'elle montre que le monde entier veut combattre "des négligences et pratiques déshumanisantes bien connues qui violent les droits humains des personnes handicapées".
Ce texte sera "un outil puissant pour éradiquer les obstacles qui se dressent devant les personnes handicapées: discrimination, ségrégation par la société, marginalisation économique et manque d'opportunités de participer aux processus de prise de décision sociaux, politiques et économiques".
Cette convention de 32 pages interdit toute forme de discrimination au travail liée au handicap, notamment en matière de recrutements, de promotion et de conditions de travail. Elle stipule qu'à travail égal on doit toucher un même salaire.
Elle exhorte par ailleurs les Etats signataires à promouvoir l'emploi des personnes handicapées, notamment au moyen d'une "discrimination positive" à leur égard.
La convention stipule encore que les handicapés ne peuvent être exclus des systèmes éducatifs et exige des Etats signataires qu'ils facilitent leur accès aux bâtiments, aux moyens de transports, aux écoles et aux lieux de travail.
A ce jour, 126 des 192 Etats membres de l'Onu ont signé la convention mais seuls 71 ont signé et 13 ratifié une annexe autorisant des groupes ou des individus à signaler à l'Onu toute violation de la convention par leur gouvernement.
Dans ce cas, une commission de l'Onu fait suivre la plainte au gouvernement concerné qui doit fournir une explication écrite dans les six mois.
Parmi les pays n'ayant pas signé la convention figurent les Etats-Unis et la Russie. Des responsables américains ont argué que le texte était plus laxiste que les lois en vigueur dans ce domaine aux Etats-Unis.