Paris, le 2 octobre 2009
Napoléon disait "les Etats font la politique de leur géographie". Cette belle phrase pourrait s'appliquer aux régions. L'art. L 1511-1 du Code Général des Collectivités Territoriales dispose que "la région coordonne sur son territoire les actions de développement économique des collectivités territoriales et de leurs groupements, sous réserve des missions incombant à l’Etat". S'il est bel et bien un domaine qui participe activement à l'aménagement du territoire et au développement économique, ce sont les transports.
Selon la catégorie envisagée, la gestion des transports est partagée entre les collectivités territoriales (région, département, commune, voire les établissements de coopération intercommunale). La région a pleinement compétence dans les domaines suivants :
- les transports routiers non urbains d'intérêt régionaux : créations de lignes LER destinées à compléter voire suppléer les TER, notamment pendant des travaux d'aménagement ;
- les transports ferroviaires : la région établit et actualise le plan régional des transports qui organise les lignes ferroviaires d'intérêt régional après consultation des départements ;
- les transports aériens : les aérodromes qui ne figurent pas dans la liste établie par le décret 2005-1070 du 24 août 2005 sont gérés par les régions conformément à l'art 28 de la loi 2004-809 du 13 août 2004 ;
- le transport maritime de commerce : comme les aéroports, la propriété, l'aménagement, l'entretien et la gestion des ports est décentralisée conformément à l'art 30-I de la loi 2004-809 du 13 août 2004.
Ce bref listing des compétences régionales en matière de transport montre à tel point les attentes sont importantes vis-à-vis des régions. Refuser d'investir dans les infrastructures des transports, comme l'ont fait nombre de régions, dont l'Ile-de-France à un niveau caricatural, c'est condamner une région entière à la paupérisation !
Comme le montre le débat sur le Grand Paris, c'est par la mise en place d'infrastructures coordonnées qu'on arrive à désenclaver des îlots de population et créer une nouvelle dynamique. Cette dynamique entraîne des conséquences tant sur le plan économique (création de bassins d'emplois) qu'intellectuel (créations de pôles de compétence) voire sur le plan de la sécurité ! Car ne nous voilons pas la face ; si certaines banlieues sont soumises à cette pression de la violence urbaine, c'est en grande partie en raison de l'abandon de certains territoires par les régions. Des territoires situés loin de toute sphère économique active où se concentre la misère que des centres urbains ne veulent pas voir. L'ensemble de Clichy-Montfermeil est une triste illustration de cet abandon urbain mais inhumain! Est-ce pour en arriver là que la Gauche, qui s'arroge régulièrement le monopole du coeur, a géré pendant ces douze ans l'Ile-de-France ?
Dans les années 50-60 on a créé des autoroutes pour relier des régions entre elles. A présent on doit créer des réseaux à la fois respectueux de l'environnement, rapides et fiables pour relier des bassins économiques isolés. La création de nouveaux réseaux ferrés répond en grande partie à cette triple exigence. Or créer des réseaux est utile à la condition, non négligeable, de les entretenir et les améliorer sur le long terme. Et c'est bien dans ce domaine que les régions pèchent soit par ignorance soit par incompétence. Combien de régions ont promis de rendre les transports gratuits pour les jeunes ? Comment peut-on expliquer qu'à l'aube du XXIème siècle, la majorité des transports en commun d'une aussi belle et importante capitale que Paris soient aussi mal entretenus, inadaptés aux femmes en poussettes et aux personnes en situation de handicap ?
Car s'il est un domaine où les citoyens en situation de handicap ont à se plaindre c'est bel et bien dans l'aménagement des transports ! Combien de gares n'ont pas encore prévu d'insérer des guichets d'accueil dans des boucles magnétiques pour les personnes sourdes ? Combien de stations de métros ou de RER sont impraticables aux personnes à mobilité réduite en raison d'absence d'escalators (ou d'escalators en permanence en panne) ? Combien de rames de métros et trains sont désertées par les personnes mal-voyantes et aveugles au motif, tout à fait compréhensible, qu'aucune indication sonore n'est prévue pour les orienter ? Est-ce pour en arriver là que les citoyens ont dû subir une hausse moyenne de 35 % des impôts régionaux (taxes foncière, professionnelle et sur les cartes grises, auxquelles s’ajoute depuis 2007 la TIPP, taxe sur l’essence)?
Autant de signes de faiblesses qui doivent nous faire réagir face à l'inaction et l'indolence de nos régions ! La Gauche doit assumer, de toute évidence, ses erreurs et payer le prix de son irresponsabilité! La Gauche n'a pas une culture d'investissement mais de dévêtement !
Tous ensemble, luttons pour des transports enfin accessibles, modernes et dignes d'un pays développé !
Frédéric BOUSCARLE, Président