LCI.fr - 27/07/2008
La mesure concerne tous les aéroports européens, et elle est entrée en vigueur ce samedi : dorénavant, les personnes handicapées ou ayant des difficultés à se déplacer devront bénéficier obligatoirement de services spécifiques lorsqu'elles voudront prendre l'avion. La vie des quelque 127 millions de personnes à mobilité réduite que compte l'Union européenne - soit près du tiers de la population en comptant les personnes âgées - va être transformée dès lors qu'elles voudront voyager, grâce à cette assistance gratuite qui leur est désormais proposée dans les aéroports de l'Union.
Les quelque 500 aéroports européens doivent ainsi assurer une prise en charge depuis l'entrée jusqu'à la porte d'embarquement, dans l'aéroport de départ comme dans celui d'arrivée. Et l'assistance doit être adaptée à la capacité de mobilité de la personne qui en bénéficie : pas question de services "a minima" qui écarteraient d'office les moins valides.
"Mettre un terme aux discriminations"
Cette petite révolution dans les aéroports est la conséquence de l'entrée en vigueur de règles adoptées par le Parlement européen il y a deux ans. Leur but : "mettre un terme aux discriminations et offrir aux passagers handicapés et âgés l'assistance dont ils ont besoin dans leurs déplacements", selon Antonio Tajani, commissaire européen chargé des transports, qui juge que "ces nouveaux droits constituent un progrès fondamental pour l'Europe du citoyen".
Le règlement européen nouvellement entré en vigueur interdit aussi aux compagnies aériennes européennes et aux voyagistes de refuser une réservation ou l'embarquement en raison d'un handicap ou d'un problème de mobilité, pour les vols décollant d'un aéroport de l'UE, comme pour ceux quittant un aéroport situé dans un pays tiers à destination d'un aéroport de l'UE. Des exceptions restent possibles, mais uniquement pour des raisons liées à la sécurité ou à une impossibilité technique, comme la taille de l'avion. Les personnes concernées auront toutefois intérêt à signaler leurs besoins au plus tard 48 heures avant le départ, "pour obtenir une assistance adaptée à leurs besoins", souligne la Commission.
Dans ce même souci d'éviter les discriminations, les pays membres sont par ailleurs tenus d'instaurer un organisme de contrôle chargé d'appliquer le règlement sur leur territoire, et qui sera également chargé d'examiner toute plainte.